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Tourisme en Haïti


Historique

La naissance de l’industrie du tourisme en Haïti coïncide avec la commémoration du bicentenaire de la création de la ville de Port-au-Prince, en 1949. De nombreux visiteurs étaient attendus pour participer aux festivités. La structure d’accueil de l’époque ne répondant pas aux exigences internationales, le gouvernement du président Dumarsais Estimé fit mettre en place des mesures d’incitation à l’investissement dans ce secteur. Ainsi de nombreux établissements hôteliers, restaurants, boîtes de nuit, boutiques d’artisanat furent construits. Haïti se positionnait dès lors sur le marché touristique international.

Après plusieurs tentatives datant des années 1930 et 1940 pour la formation d’une association,  des opérateurs touristiques, en 1951, fondent la première association sectorielle sous la dénomination ASSOCIATION HOTELIERE D’HAITI. L’effectif des chambres d’hôtel à ce moment - plus de 260 chambres - devait motiver ces entrepreneurs sur la nécessité de fédérer.

Dès cette époque, les jalons étaient posés pour un partenariat constructif et efficient avec l’Etat.

Les relations entre les deux secteurs se sont également développées sur d’autres plans : un financement à des taux d’intérêt préférentiel fut octroyé par la Banque Industrielle et Agricole aux principaux investissements hôteliers. Au nombre des initiatives, on peut compter également sur les actions conjointes de l’ASSOCIATION HOTELIERE D’HAITI et de l’OFFICE NATIONAL DU TOURISME pour la promotion de l’image du pays à l’extérieur. Le souci de l’Association de mettre les hôtels en mesure de fournir aux clients un service de qualité, élément non négligeable dans la valeur du produit touristique, a motivé son intervention auprès de l’Etat pour la création de l’ECOLE HOTELIERE D’HAITI dont la mission est de former  le personnel hôtelier.

Les retombées se concrétisaient à court terme : en 1954, Haïti recevait déjà 21 000 visiteurs et cette tendance s’était révélée croissante jusque dans les années 70 pour atteindre l’effectif de 204 000 touristiques en 1977. Les premières années ont enregistré des dépenses de touristes dans les hôtels se chiffrant à 1.400.000 dollars américains. L’industrie touristique a contribué à la création de nouveaux types d’emplois dans les hôtels, les restaurants, les galeries d’art, les agences de voyages, les transports… ce qui eut un effet multiplicateur dans l’économie.

Après un demi-siècle, l’Association, devenue depuis janvier 1999 ASSOCIATION TOURISTIQUE D’HAITI (ATH), poursuit sa mission de développement de l’activité touristique dans l’économie nationale. A cette fin, l’ATH s’est restructurée pour répondre aux attentes des entrepreneurs du secteur touristique. A l’origine, constituée uniquement d’hôteliers, elle s’est ouverte au fil des temps aux autres branches d’activités liées à l’industrie du tourisme. Actuellement, elle regroupe 44 membres opérant dans les secteurs suivants : hôtellerie, restauration, galeries d’art et d’artisanat, lignes aériennes, agences de voyages, marina, transport terrestre. Elle compte aussi des membres affiliés appartenant aux branches d’activités connexes. Voulant associer les régions à vocation touristique du pays dans ses multiples initiatives, elle favorise la création d’entités régionales qu’elle invite à intégrer sa structure au niveau des comités régionaux. Dans cette approche, elle a appuyé la création de l’ASSOCOIATION TOURISTIQUE DU SUD-EST D’HAITI en septembre 2002.

Le partenariat avec l’Etat s’est manifesté sur plusieurs points :

  • participation active à la définition des nouvelles mesures administratives pour l’immigration des visiteurs étrangers en 1999,
  • contribution dans l’élaboration du Plan Directeur Tourisme (1996 et 1997),
  • apport dans le chapitre Tourisme du projet de Code des Investissements,
  • apport dans le projet de révision du Code de Travail (dispositions régissant les activités liées au tourisme),
  • représentation du secteur privé du tourisme au niveau de la Commission Présidentielle du projet « Hispaniola Fund »,
  • réalisations d’activités conjointes de promotion, notamment par la participation aux foires internationales pour assurer la présence d’Haïti sur les marchés porteurs identifiés.
Le capital investi dans le secteur hôtelier dans les années 50 se chiffrait à environ 6.500.000 dollars américains. Actuellement le ratio investissement par chambre étant de 100.000 à 150.000 dollars américains, les 900 chambres des hôteliers de l’ATH équivalent à environ 90.000.000 de dollars américains sur la base de ce calcul. En dépit du ralentissement de l’activité touristique en Haïti, les opérateurs touristiques continuent à envisager des projets d’extension susceptibles de répondre à une relance de cette industrie dans un avenir proche. Du statut de secrétairerie d’état, l’Autorité Nationale du Tourisme s’est élevée au rang de ministère en 2001. Le Ministère du Tourisme a été créé pour redynamiser ce secteur et contribuer à un meilleur positionnement d’Haïti dans le monde touristique de la Caraïbe. 
Haïti, tant au point de vue naturel, culturel, artisanal, historique détient les moyens de transcender l’image caraïbéenne stéréotypée, développée par les voyagistes.

Le pays, indéniablement, est doté des atouts nécessaires pour aligner un tourisme arborant, en plus de la panoplie caraïbéenne dominée par l’industrie des croisières et des produits balnéaires, la puissante séduction des vestiges témoignant de son passé historique et l’attrait inégalable de sa culture métissée.
 Le nord du pays s’est taillé une solide réputation par son site de croisière, Labadie et son alter ego, Cormier. Mais Haïti excelle dans la démonstration de la richesse architecturale créée par l’histoire et les remarquables systèmes de défense conçus par les fondateurs de la nation haïtienne pour contrer toute velléité de retour des puissances coloniales vaincues. La Citadelle du roi Henry Christophe, monument unique en son genre, fait partie du patrimoine de l’humanité et est une attraction touristique mondialement connue. Ces vestiges historiques du patrimoine positionnent Haïti au premier rang des circuits de la connaissance des Caraïbes. De plus, avec ses atouts naturels et sa culture, Haïti se trouve qualifiée d’emblée pour profiter des nouveaux courants traduisant les modifications dans la demande touristique : le tourisme alternatif qui englobe tout à la fois l’écotourisme, le tourisme rural et culturel.


Plan Directeur Tourisme

Ce document élaboré par une équipe d'experts haïtiens et internationaux, dans le cadre d'un projet du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), se présente sous la forme d'un rapport général composé de 3 volumes. Nous publions ci-après la table des matières et un extrait  du chapitre III sur " LES PROPOSITIONS".

Table des matières

Préambule: une stratégie pour le secteur du tourisme

I - HAITI AU SEUIL DU TOURISME

1.1     Le secteur du tourisme et le marché international

1.2     Diagnostic de l'offre professionnelle

1.3     Le cadre physique: environnement et infrastructures

1.3.1    Les routes

1.3.2    Les liaisons aériennes

1.3.3    L'eau et l'assainissement

1.3.4    L'électricité

1.3.5    Les télécommunications

1.4    Le tourisme dans l'économie

II - LES OBJECTIFS

2.1    Une stratégie pour une ambition

2.2    Le tourisme dans l'aménagement du territoire

2.3    Tourisme et société

III - LES PROPOSITIONS

3.1    Répondre à une demande

3.1.1      Les produits touristiques

3.1.2     Les hypothèses de croissance

3.1.3     La nature de la réponse

3.2    Le schéma d'aménagement spatial

3.2.1    Un conditionnement de départ

3.2.2    Le concept de zone touristique

3.2.3    La station touristique

3.3    Les zones touristiques prioritaires

3.3.1     Fort-Liberté 

3.3.2    St Marc et la Côte des Arcadins

3.3.3    Aquin et Saint-Louis-du-Sud

3.3.4    Jacmel et Marigot

3.3.5    Polarisation hors-zone: Port-au-Prince et La Gonâve

3.4    Les circuits

3.5    Les ressources humaines: la formation professionnelle

IV - LE CADRE BUDGETAIRE ET COMPTABLE

4.1    La programmation de l'investissement public

4.2    Impact économique et financier

V - LA MISE EN ŒUVRE DE LA STRATEGIE

5.1    Pour une Autorité Nationale du Tourisme

5.2    Cadre institutionnel

5.3    Stratégie pour le court terme

5.3.1    Court terme: de la conception à l'opération

5.3.2    Des projets pour le court terme


Ressources et produits touristiques

 

 

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L'appel au marché implique une réponse en termes de produit. Au stade actuel, il importe d'être conscient qu'Haïti est plus à l'état de ressource, riche certes mais non traitée, que de "produit" directement consommable.

L'étendue de la ressource permet de constituer une palette de produits répondant à des créneaux de demande très diversifiés, du naturel pur (éco-tourisme, découverte marine, sports nautiques, parcs naturels, randonnées...) au culturel pur (histoire, monuments, traditions et croyances, productions artistiques...).

Le produit le plus commercialisable combinera plusieurs motivations dans des circuits de tourisme à thème, circuits articulés avec un séjour de détente balnéaire suivant des modulations variables.

Dans l'immédiat, en produit tropical conventionnel, Haïti n'est pas compétitif avec la concurrence : c'est moins bien et c'est plus cher. Se placer sur le créneau "histoire et culture" n'est donc pas une démarche élitiste, mais un simple réalisme marchand pour ne pas être disqualifié.

A moyen terme, on sera attentif au fait que les investissements qui vont se faire dans l'équipement touristique ne s'amortiront que bien au delà de 2000. Par conséquent, l'offre qui va être mise en place dans les stations balnéaires (les "ressorts") doit tenir compte de l'évolution du comportement des touristes en vacances. On trouvera dans le rapport principal l'analyse des composantes d'une station balnéaire, cité de loisir où la plage n'est plus la seule justification du séjour.

Outre une présence déterminante sur le marché international matérialisée par les "ressorts", Haïti peut prétendre s'imposer par trois autres types de produits valorisant pour son image : 

  1. le tourisme de grande croisière 19 compagnies de croisière sillonnent actuellement les eaux caraïbes. Haïti n'est ouvert qu'à l'une d'elles, en un seul point d'escale, Labadie, qui ne tourne d'ailleurs pas à plein régime. Ce tourisme ne requiert que des "séquences" très limitées de rivage et sert le pays par l'image d'une capacité de réponse à un marché très sophistiqué, ne demandant qu'un minimum d'infrastructures. Cette escale devrait se prolonger par un court circuit-visite à terre, comme ce fut le cas jadis au Cap-Haïtien.

  2. le tourisme de petite croisière en voilier: Très développé dans les Petites Antilles. Il l'est moins dans les Grandes. Il s'appuie sur la ressource la moins altérée d'Haïti, les rivages. Quelques initiatives locales encadrées suffisent pour répondre à ce marché.

  3. le concept de multi-destinations: (mixte balnéaire / découverte) qui, par rapport au marché le plus rentable, le marché européen, constitue l'avenir le plus porteur pour la zone caraïbe. Vis-à-vis de ce marché futur, qui regroupe en diverses formules les Grandes Antilles, soulignons le caractère spécifique que doit avoir le partenariat public/privé haïtien: il doit mettre impérativement en évidence les valeurs qui le fondent, histoire et culture. Cela pose l'exigence d'une mise en valeur très qualifiée et présentation très professionnelle des ressources en cause. Cette maîtrise exige une forte discipline des différents intervenants.

 


Les zones touristiques prioritaires

Fort-Liberté

Le site de ce grand bassin marin abrité présente de par son étendue, sa configuration et son intérêt historique et écologique une aptitude touristique exceptionnelle, à proximité de la frontière dominicaine de surcroît. Il est le seul dans la région Nord qui soit qualifié pour l'implantation d'un "ressort".

En termes d'aménagement, l'Etat peut prendre l'initiative d'y faire réaliser le premier "ressort" haïtien puisqu'il est propriétaire du sol: l'opération de développement serait exemplaire par son contenu et par son mécanisme impliquant l'intervention des acteurs publics et privés sous forme d'un partenariat juste et durable, par exemple dans le cadre d'une société d'aménagement de type "économie mixte".

Un projet de port commercial et de complexe industriel serait actuellement envisagé sur le même site. Un choix s'impose aux Autorités. Comme il n'existe pas de site alternatif au "ressort", il convient d'en examiner un pour le futur grand port du Nord, près d'un bassin de population de préférence (zones de la Baie de l'Acul et de Port-de-Paix). Un effet complémentaire de ce transfert serait de dégager le site hautement touristique de Cap-Haïtien du trafic maritime lourd: le port du Cap pourrait retrouver son aptitude antérieure d'accueil des paquebots de croisière, ce qui favoriserait la réhabilitation de la ville historique. Le choix final sera fait sur la base de dossiers impartiaux établis de manière comparable par un service indépendant des intérêts en jeu. Des éléments relatifs au choix d'un autre site portuaire sont donnés dans le rapport général.

Le document figuré ci-après présente le schéma d'un parti d'aménagement de principe pour réfléchir sur le développement conjugué des fonctions touristiques et urbaines.




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La zone de Phaéton, à l'ouest, permet d'installer 6'000 chambres réparties en cinq sites ainsi qu'un "centre d'animation de station", une "marina" et deux golfs (un type d'équipement recommandable dans le cadre de la concurrence en région Caraïbe).

La zone de Dérac, à l'est, offre une capacité complémentaire de 4'000 chambres en trois sites, un centre d'animation, une seconde "marina" et un autre golf.

Dans une stratégie de développement régional, sur ce terrain de domaine public, le Gouvernement va devoir se déterminer sur l'affectation à une fonction portuaire et industrielle ou à une fonction touristique. Ce choix se traduit par des implications socio-démographiques. Les 10'000 chambres programmables à terme représenteront 14'000 emplois directs, le double d'indirects. Un emploi direct se traduit par la fixation de 7 personnes en moyenne. On doit donc prendre conscience que les collectivités locales de Fort-Liberté, Phaéton et Dérac sont appelées à devenir des points d'ancrage de cette stabilisation démographique.A terme, c'est une communauté d'une centaine de milliers d'habitants qui pourrait s'étaler sur le site. La préparation d'un plan d'urbanisme s'impose. Celui-ci pourrait être exemplaire. Exemplaire en effet est la problématique de base. Des infrastructures importantes vont être requises de toute manière pour la station balnéaire (alimentation en eau, électricité, station d'épuration...): leur dimensionnement peut être ajusté à une demande plus forte pour des coûts modérés (économies d'échelle à attendre). Dès le stade de l'étude de faisabilité de la station, il conviendra de fixer la manière de mettre en place ces équipements de manière à ce qu'ils bénéficient aux deux populations si différentes, en précisant les principes de péréquation des besoins et des charges.


Saint-Marc et la Côte des Arcadins

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Cette zone regroupe deux entités et deux types de station balnéaire liées par la RN1 (la route nationale no1): Saint-Marc, la concentration en "ressort", la Côte des Arcadins, un chapelet de petites unités hôtelières à personnalité autonome insérées dans la verdure.

Sur le rivage sud de la Baie de Saint-Marc on peut envisager un programme de 3'000 chambres environ: hôtels, villas, "condominiums" que pourrait encadrer un golf aux perspectives panoramiques. La vocation balnéaire serait complétée par une marina et une escale pour paquebots (accueil de clientèles maritimes). En prolongation vers l'Ouest, jusqu'à Tamarin, le "ressort" de Saint-Marc trouvera une aire d'extension sur la longue plate-forme qui portait un chemin de fer il y a quelques décennies.

Le second élément de la zone se fonde sur 30 km de rivage déjà consacrés à la vocation balnéaire (Club Méditerranée, Moulin-sur-Mer, Kyona Beach, Calicot). Des portions de rivage restent à aménager, d'autres à protéger. S'épaulant sur cette zone et longeant la RN1, sur sa rive Est, un périmètre à développement linéaire devrait d'ores et déjà faire l'objet d'une protection. Cette zone d'accompagnement est appelée à devenir l'extension naturelle de la frange balnéaire actuelle, trop étroite. Y prendront place naturellement des programmes hôteliers, des activités de service et des implantations villageoises suscitées par les activités croissantes. Aujourd'hui dénudée, cette arrière-zone, de même nature géologique que le cordon entre route et rivage, pourra être repaysagé: forages, plantations et entretien. Vu la densification de l'habitat et la fréquentation à prévoir, cette zone devra faire l'objet d'un plan d'aménagement.


Aquin et Saint-Louis-du-Sud

 

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Cette zone dispose d'un déploiement de rivage dont le découpage est le plus spectaculaire du pays. En contrepoint une gamme d'îles et d'îlots ponctue la mer à proximité. Sur une distance de 15 km à vol d'oiseau, à titre paysager ou balnéaire, on peut reconnaître une vocation touristique à 8 sites distincts: Magicap / Girondel, Pointe-Fety, Cocoyer Anglade, Petit Nicolas, Petite et Grande Baies du Merle, Baie des Flamants, Ile à Vache.

La vocation d'un neuvième site, la Baie de Saint-Louis-du-Sud, est en suspens. Intéressant pour la fonction touristique, il est sérieusement considéré comme apte à la création d'un port de commerce. L'ensablement endémique du port des Cayes conduit à chercher un site alternatif: la baie de Saint-Louis serait le seul possible.

La configuration de presqu'île allongée entre mer et lagune au Sud de la ville d'Aquin confère une autonomie physique au site de Magicap / Girondel. Son profil affirmé, la diversité résultant de la présence de trois mornes, la succession de ses plages: la vocation touristique s'impose. Cette topographie particulière dégage deux unités paysagères complémentaires, autrement dit deux "resorts" liés: Magicap et Girondel. Leur capacité respective serait de 3'000 et 2'000 chambres. Un golf de transition entre plaine et piémont pourrait bénéficier de percées exceptionnelles sur les versants nord et sud. Sur le rivage nord de Girondel, un site abrité au tirant d'eau suffisant permettrait l'aménagement d'une marina. Une liaison nautique avec Aquin prendrait quelques minutes.

La mise en valeur de ce site implique l'élaboration d'un plan d'aménagement. Ceci devra se faire en prenant en compte les infrastructures de la zone élargie et les besoins des populations avoisinantes. Le site d'un aéroport à vocation régionale a été identifié à proximité d'Aquin. Sa réalisation serait un facteur dynamisant pour l'ensemble de la zone, et pour le complexe touristique en particulier.


Chargée d'histoire, centre de création artistique, la ville de Jacmel est elle-même pôle touristique. La rénovation de son quartier central et de son marché est attendue. Elle est également la tête de pont d'une zone touristique suivant le linéaire côtier qui conduit à Marigot, à l'est. Plus que toute autre, cette zone présente la "tropicalité" classique attendue par les touristes: une succession de plages claires frangées de cocotiers, des piémonts de morne encore couverts de végétation, des villages animés environnés de cultures. Au total, une image devenue inhabituelle sur beaucoup de rivages haïtiens: la fertilité.

La conséquence de cette relative prospérité est la rareté des parcelles disponibles. L'implantation des unités hôtelières pourrait être matière à débat, au moins tant que le tourisme n'aura pas démontré dans d'autres zones que son développement est bénéfique aux populations locales. Dans un premier temps donc, l'hébergement touristique devrait être centré sur Jacmel. Par la suite, 2'000 chambres pourraient être implantées en plusieurs sites sous réserve de pouvoir acquérir les terrains nécessaires, ce qui sera onéreux. Il sera de plus nécessaire de déplacer la route côtière vers les piémonts afin de desservir de l'arrière, en peigne, les hôtels et les villages; le coût de ce transfert sera élevé, ce qui incite à reporter à une phase ultérieure le développement touristique de cette côte.


Le centre du pays, historiquement appelé l'"Ouest", peut être considéré, du point de vue de la ressource touristique, comme un doublet: la grande ville et l'île.

Port-au-Prince est le centre du dispositif national de l'activité touristique. La ville n'est pourtant pas à la hauteur des ambitions affichées. Les moyens financiers manquent, mais aussi la détermination dans la gestion urbaine. Ceci est au centre des préoccupations des responsables actuels. Un "Plan directeur d'urbanisme et d'extension de la zone métropolitaine" est en préparation. Il n'est pas le premier: il doit impérativement conduire à des résultats visibles en matière de salubrité publique, de circulation, d'aménagement de zones préparées pour le commerce informel.

A la charge de l'Autorité centrale figurent l'amélioration de l'accueil à l'aéroport, l'établissement d'une circulation libre sur la RN1 / bd Truman / RN2, la sauvegarde des bâtiments historiques, l'aménagement du Champ-de-Mars... Un centre polyvalent de conférences est évoqué: c'est du ressort de l'initiative privée qui, appuyée sur une solide étude de marché, s'engagerait sur un projet réaliste aisément relié à l'aéroport et au centre économique de la capitale; la réhabilitation de ses abords dans le cadre de l'aménagement urbain serait souhaitable. Sans préjuger du dimensionnement de l'opération, son site ne devrait pas être déterminé à la légère: un tel complexe générateur d'activités importantes constitue un nouveau centre de gravité qui aura des incidences sur le développement de la capitale.

L'île de la Gonâve présente un cas intéressant. Elle est connue avant tout pour sa production de charbon de bois, ce qui n'est guère valorisant, et par les spécialistes comme un gîte de vestiges précolombiens; et elle a pourtant 8 km de plages. Elle est accessible par mer de Port-au-Prince, et plus simplement de Montrouis. La desserte actuelle est aléatoire. L'île est sous-équipée. Il est proposé d'en faire un aménagement mixte qui, tout en améliorant les conditions de vie des populations insulaires, développerait une petite station balnéaire d'un millier de chambres sur la pointe Sud-est. La disponibilité en eau douce modulera les possibilités de développement. Un équipement public majeur sera un Centre de recherches éco-agronomiques international (le CREAG) dont la vocation sera de définir des solutions de réhabilitation de la fertilité et de la productivité des sols en fonction des spécificités des zones, et de s'adresser aux recherches pré-colombiennes. Ce centre recevrait pour des travaux expérimentaux des chercheurs et universitaires de toutes les origines géographiques concernés par la restauration des milieux productifs en zone tropicale. Il constituerait un pôle d'attrait pour des segments de clientèle touristique sensibles aux actions de protection du milieu.

Port-au-Prince et ses environs, dévastés par le séisme du 12 janvier 2010, sont en reconstruction.


 

(Extrait du Code des Investissements
du 26 novembre 2002)

 

DES INVESTISSEMENTS DANS LE TOURISME ET LES SERVICES ASSOCIES

Article 37

Sont considérés comme investissements touristiques, ceux réalisés, entre autres,  dans :

l'aménagement et l'exploitation de Zones Touristiques ;

l'hébergement touristique en zones urbaines et rurales (hôtels, hôtels-restaurants, hôtels-résidences « appart. condos, villa à temps partagé » motels, restaurants de campagnes, auberges, etc.) ;

les services de location de voitures, d'avions, de bateaux et d'hélicoptères de plaisance ;

les services de transport et d'excursion aérienne, maritime et terrestre ; à I'intérieur d'Haïti et/ou domiciliés en Haïti ;

les services de transport s'adonnant exclusivement à I'industrie touristique ;

les services de restauration, d'attraction et de loisirs; les ports d'escale privés ou marinas destinés à recevoir des bateaux de plaisance ;

l'aménagement et l'exploitation de stations balnéaires, d'hôtels de plage et de  complexes touristiques ;

les aéroports privés et les entreprises de services liés directement aux besoins du tourisme ;

les services téléphériques pour loisir ou transport en montagne

les parcs d'attraction, les jardins botaniques et zoologiques ;

les services d'activités à caractère touristique, tels que : Palais de congrès, ou de convention, salles de spectacle, de conférence et d'exposition;

la restauration et l'exploitation d'immeubles, de monuments et de sites touristiques ;

les services de santé (soins et bains thérapeutiques) ;

les services de formation aux métiers touristiques telles que les écoles hôtelières, les auberges de jeunesse.

Et tous investissements à caractère touristique agréés par la Commission Interministérielle des Investissements.

Article 38

Les services de développement touristique, les entreprises de service à caractère touristique, œuvrant dans les champs d'activités définies à l'article précédent et/ou situées dans des Zones de développement touristique arrêtées par le Gouvernement, bénéficient, outre les privilèges prévus au présent Code et les Iois sur le Tourisme, des avantages douaniers et fiscaux suivants :

exemption douanière et fiscale sur les importations de biens d'équipements et matériels nécessaires à la prospection, l'implantation, I'aménagement ou le réaménagement, quand ce matériel ou ces équipements ne peuvent pas être trouvés localement dans les mêmes conditions de quantité de qualité et de prix; incluant :

les matériaux de construction ;

le matériel électrique ;

les systèmes et équipements de production ou de compensation d'énergie électrique;

les systèmes ou équipement pour la sécurité et la surveillance ;

les systèmes de communication et de télécommunication ;

les systèmes et équipements de conservation au froid:

les appareils ménagers, la lingerie, les ustensiles de service et de cuisine ;

les systèmes et équipements sanitaires ;

les espèces animales et végétales rares ;

les chaloupes et remorques ;

les petits avions, bateaux et hélicoptères de plaisance ;

les véhicules utilitaires affectés à l'exploitation ;

le matériel et l'équipement nécessaires à I'aménagement et au fonctionnement de I'activité touristique;

les pièces de rechange pour le matériel et les équipements.

la dispense du dépôt de garantie prévue au Code douanier pour les importations en admission temporaire;

I'exonération de la Contribution Foncière des Propriétés Bâties sur les dix (10) premières années de restauration d'immeubles classés patrimoine national ouvert au public ;

I'exonération de I'impôt sur le revenu individuel pour les revenus générés par I'investissement conformément aux dispositions des articles 26 et 27 du présent code.

Article 39

Lorsqu'une entreprise touristique doit utiliser des terres du domaine privé et/ou public de I'État pour la réalisation de son projet, le Ministère chargé du Tourisme, après approbation du dossier par la Commission Interministérielle des Investissements et la Municipalité, autorisera I' octroi de bail d’une durée ne dépassant pas cinquante (50) ans.



Fondation de la Nation haïtienne


Acte de l'Indépendance d'Haïti

Gonaïves, le 1er janvier 1804, an 1er de l'Indépendance.
 
Aujourd'hui premier janvier mil huit cent quatre, le Général en chef de l'armée indigène, accompagné des généraux de l'armée, convoqués à l'effet de prendre les mesures qui doivent tendre au bonheur du pays :
 
Après avoir fait connaître aux généraux assemblés ses véritables intérêts, d'assurer à jamais aux indigènes d'Haïti, un gouvernement stable, objet de sa plus vive sollicitude; ce qu'il a fait par un discours qui tend à faire connaître aux puissances étrangères, la résolution de rendre le pays indépendant, et de jouir d'une liberté consacrée par le sang du peuple de cette île; et après avoir recueilli les avis, a demandé que chacun des généraux assemblés prononçât le serment de renoncer à jamais à la France, de mourir plutôt que de vivre sous sa domination, et de combattre jusqu'au dernier soupir pour l'Indépendance.
 
Les généraux, pénétrés de ces principes sacrés, après avoir donné d'une voix unanime leur adhésion au projet bien manifesté d'Indépendance, ont tous juré à la postérité, à l'Univers, de renoncer à jamais à la France, et de mourir plutôt que de vivre sous sa domination.
 
Fait aux Gonaïves, ce premier janvier mil huit cent quatre.


Vertières, la bataille fondatrice de la Nation haïtienne


Bataille décisive par son enjeu politique mais aussi d’un très grand intérêt militaire. Le scénario ayant conduit à cette confrontation rappelle, uniquement sur le plan stratégique, la bataille de Dien-Bien Phu au Viêtnam que la France devait également perdre voilà près de 151 ans. Même scénario dans la mesure où, comme pour Vertières, la France avait concentré la totalité de ses forces dans cette cuvette pour la confrontation finale. Toutefois, pour Saint-Domingue, il n’y avait pas eu de réels effets de surprise puisque les deux généraux, Rochambeau pour la France et Dessalines du côté de l’armée indigène, étaient convaincus que le Cap, plus exactement le Haut du Cap, symbole de la réussite coloniale française dans les Amériques.

Le Cap, théâtre du choc final

Ce choix n’est pas seulement symbolique. L’évolution de la lutte a inexorablement conduit les acteurs à cette ville. C’était également un calcul de la part de Rochambeau. Certains historiens, dont James dans « Les Jacobins Noirs », affirment que Dessalines, qui a conçu et réglé avec son état-major tous les détails de cette bataille, la préparait depuis environ six mois.

Le contexte historique

Pour saisir toute l’importance de cette bataille et les circonstances l’ayant produite, il est nécessaire de dresser, même brièvement, le tableau général de cette guerre d’indépendance, et de présenter quelques-uns des évènements majeurs ayant abouti à Vertières qui reste, encore une fois, un moment historique exceptionnel dans l’histoire des sociétés modernes.

Depuis l’arrivée de l’expédition Leclerc à Saint-Domingue, dans les derniers jours de janvier 1802, la guerre de l’indépendance avait pratiquement commencé. La courbe de l’évolution de cette lutte de libération, peut être présentée en deux grandes étapes. La première débute en janvier 1802 pour prendre fin par la capitulation de Toussaint Louverture, le 8 mai de cette même année.

La deuxième étape couvre une plus longue période. Elle s’insère au lendemain même de la capitulation de Toussaint pour prendre fin, concrètement, le 18 novembre à Vertières. Cette étape est surtout caractérisée par les tentatives de Leclerc de mettre en application l’objet de la mission de l’expédition : le rétablissement de l’esclavage, le rétablissement du monopole commercial au profit de la France et la suppression des droits civils et politiques des affranchis. L’application de cette mission se révèle particulièrement complexe. L’armée de l’expédition est fortement éprouvée par les batailles ayant marqué la première étape, notamment celles des Trois Rivières à Port-de-Paix, de la Ravine à Couleuvres dans la région des Gonaïves et surtout celle de la Crête à Pierrot à la Petite Rivière de l’Artibonite. En outre, la fièvre jaune qui se déclare à partir du mois d’avril décimera une partie de l’effectif de cette armée déjà mutilée.

Vertières pourtant prendra du temps à se dessiner. Elle est l'aboutissement de tout un processus marqué par la volonté de l'état-major français de ramener Saint-Domingue au statu quo ante, c'est-à-dire à sa situation antérieure à 1789. Cela impliquait tout un ensemble de procédures: désarmement, déportation massive, pendaisons et noyades. Une terreur aveugle et démentielle se met en place pour réprimer les forces populaires de Saint-Domingue déjà farouchement déterminées à conquérir la liberté et l'indépendance.

Le 7 août 1802, Dessalines et Pétion qui combattent encore pour l’armée de Leclerc contre les insurgés se rencontrent à Plaisance. Conscients de la gravité de la situation, ils décidèrent de rompre avec la coloniale, cette armée française reconstituée après la reddition de Toussaint Louverture. Elle était composée de soldats de l'expédition, mais également de soldats et d'officiers indigènes, notamment Christophe, Dessalines, Boyer, Pétion qui prirent alors la décision de se joindre au mouvement populaire.

Le 14 octobre 1802, Pétion, Clerveaux et Christophe attaquent le Haut du Cap. Le 2 novembre, Leclerc, comme une bonne partie de son armée, meurt de la fièvre jaune. Quelques jours plus tard Rochambeau le remplace. Il est honnête et n’aime pas le nègre disait de lui Leclerc qui l’avait chaudement recommandé. Quelques semaines plus tard, Dessalines échappait à une embuscade. Vertières devenait de plus en plus proche. Cela impliquait la soumission des chefs rebelles notamment les fameux congos et la reconnaissance de l’autorité suprême de Dessalines, comme commandant en chef de l’armée de libération.

Le rassemblement des troupes indigènes

Rochambeau, dans son somptueux palais du Cap, entouré de voluptueuses créoles et protégé par des canons et des baïonnettes, croyait sa position inexpugnable. Bien que le drapeau français ne flottait plus qu’au Môle Saint Nicolas et au Cap, tous les autres points de la colonie étant passés sous l’autorité des révolutionnaires,  Rochambeau était convaincu que ces brigands d’indigènes n’oseraient jamais venir attaquer le Cap. La défense de cette ville paraissait en effet excessivement sûre: 5,000 vétérans, le reste de l’armée d’expédition s’y trouvaient enfermés, résolus à défendre la place jusqu’à l’extrême limite.

Plusieurs forts s’élevaient sur le plateau du Haut du Cap pour dissuader toute velléité offensive. Parmi les points stratégiques les plus solidement armés, citons : le Fort Bréda disposant de huit pièces de canon et dressé sur une éminence dominant la route menant à Port-au-Prince. Il comptait encore sur 600 grenadiers. A un mille plus loin, mais en dehors de la ville, s’édifiait sur un monticule, le Fort de Vertières. Douze pièces étalées sur tout le pourtour des remparts en assuraient la défense. La protection de la ville du Cap était en outre assurée par les Forts Champion, Pierre-Michel, les Forts de l’Hôpital et de Belair.

Cela ne semblait pas pour autant pouvoir dissuader Dessalines, bien au fait du dispositif de défense de la ville. Après un repos de 11 jours accordé à l’armée à Port-au-Prince, Dessalines parla alors de son projet de lancer l’offensive ultime au Cap. Le 21 octobre 1803, après avoir confié le commandement de l’une des divisions de l’Ouest à Pétion, il laissa la plaine du Cul de Sac. Le 31 octobre, la 3ème demi-brigade, puis la 4ème, la 11ème et la 20ème partirent à leur tour de la Petite Rivière de l’Artibonite pour se transporter au milieu de la nuit aux Gonaïves. Le lendemain, après les avoir passées en revue, Dessalines se rendit avec elles au Limbé. Là, devaient se regrouper toutes les troupes d’élite du Sud, de l’Ouest, de l’Artibonite et du Nord.

L’armée appelée à assiéger la ville du Cap était forte de 27 000 hommes. Elle était composée de quinze demi-brigades d’infanterie et de trois escadrons, commandée par les généraux suivants : Gabart, un jeune mulâtre de 27 ans, Jean-Philippe Daut, Clerveaux, le plus ancien des généraux indigènes, responsable direct de la stratégie arrêtée, Henri Christophe, Romain, Capois la Mort, Cangé et Vernet

La bataille

Comme dans toutes les batailles de type classique, un roulement de tambour remplit le camp du Morne Rouge suivi d’un profond silence lourd de solennité. Avant de lancer l’attaque contre Vertières, Dessalines, pour créer une diversion, envoya les généraux Christophe et Romain s’emparer de la vigie qui domine le Cap. Cette tactique devait interdire à Rochambeau de porter tout secours à Bréda et à Vertières. Le 17 novembre, Christophe annonce à Dessalines, après avoir enlevé plusieurs postes, qu’il attendait avant d’atteindre le sommet de la vigie, le lancement de l’attaque de Bréda. Ce fort était entouré d’un fossé. Entre ce fossé et ses remparts s’élevait une épaisse haie, pratiquement impénétrable constituée de plantes épineuses et d’aloès.

Après un examen minutieux dans la nuit du 17 au 18 novembre, le commandant en chef décida d’attaquer. Il confia à Capois le commandement de l’avant-garde de l’armée. Cette avant-garde avait pour objectif de se rendre à la Barrière Bouteille dès le commencement des opérations. Manœuvre intrépide et audacieuse puisqu’il s’agissait de passer sous les feux des forts dominant tout le chemin. Cette manœuvre apparemment impossible devait déterminer l’issue de la bataille. On sait comment le général Capois et ses troupes s'en acquittèrent. Clervaux dressa devant Bréda une batterie composée d’un obusier, d’une pièce de 4 et d’une pièce de 8. Dessalines, pendant ce temps, fixait ses retranchements autour de Vaudreuil non loin de Vertières. Un corps de réserve formé de plusieurs bataillons était destiné à rester près de lui.

Le 18 novembre 1803, à l’aube, le général Clerveaux donna le signal de l’attaque. Un boulet vient se ficher dans les remparts de Bréda qui crache, en même temps que les autres forts, la mort dans les rangs indigènes. Le général Rochambeau à la tête de sa garde d’honneur, sortit alors du Cap pour se placer près du blockhaus de Vertières. Les généraux Christophe et Romain pouvaient alors remplir leur mission en s’emparant, après la vigie, de la position d’Estaing. Les divisions Gabart, Vernet, Cangé étaient trop exposées dans le grand chemin au feu de Pierre-Michel, Dessalines modifia alors quelque peu son plan initial. Il se détermina à contourner Bréda, pour l’attaquer par derrière. En même temps, il ordonna l’assaut de toutes les positions ennemies afin de contraindre le feu adverse à se disperser sur plusieurs points.  C’est dans cette perspective que Capois  dût orienter ses attaques sur la butte de l’habitation Charrier qui dominait Vertières.

Cette manœuvre audacieuse, imprévisible, mais très risquée, surprit les Français profondément convaincus qu’une telle place  - qu’ils avaient désarmés -  était imprenable. Cette manœuvre, marquée par des sacrifices inouïs, devait déterminer l’issue de cette décisive et terrifiante bataille. C’est dans cette phase que le général Capois la Mort se couvrit d’une gloire immortelle avec ses troupes. Dessalines avait la certitude, et il en fit la confidence à Gabart, que la victoire passait par la prise de Charrier.  Le chemin menant à la butte, lui objecta Gabart, est traversé par un petit pont exposé aux feux croisés des forts Bréda, Pierre-Michel et Vertières. Dessalines fit alors retentir ces paroles qui avaient fait frémir les générations antérieures :

« Je veux que le drapeau indigène flotte avant une demi-heure sur le sommet de Charrier, dussé-je voir disparaître numéro par numéro tous les corps de l’armée. Je veux que vous passiez l’arme aux bras sous la mitraille des forts.»

La butte Charrier

Pour atteindre Charrier, il faut passer un pont au bas de Vertières. Malgré la mitraille meurtrière, le général Capois, à cheval, entraîne sa demi-brigade quand un boulet lui enlève son chapeau. « En avant ! En avant ! » crie-t-il quand même. Un second boulet renverse son cheval. L’intrépide Capois se relève rapidement, brandit son sabre et au cri répété de : « En avant ! En avant ! » s’élance, une fois de plus, à la tête de ses hommes.

L’ennemi applaudit. Rochambeau, devant un tel courage, fait cesser la bataille pour présenter ses hommages à l’officier noir, Capois-la-Mort, qui vient de se couvrir de tant de gloire.


 

Voilà plus de trois heures qu’on se battait. Le soleil était déjà brûlant. Au milieu de la mitraille, les soldats des généraux Gabart et Jean-Philippe Daut se frayèrent un passage vers Charrier. Au travers des grands arbres renversés et des cadavres, les deux bataillons purent atteindre l’objectif.  Les premières baïonnettes indigènes brillaient déjà au sommet de Charrier. La victoire de ces indigènes, des fameux preux de 1804, commençait déjà à se dessiner. Mais d’autres sacrifices et de terribles devaient être consentis. Tenir la place exigeait un courage exceptionnel. Se couvrirent de gloire avec les troupes, des hommes comme Gabart, Jean-Philippe Daut, Clerveaux qui perdit une épaulette arrachée par un boulet, Guerrier qui eut un bras fracassé, Vernet, Dominique, et l’extraordinaire Paul Prompt qui mourut en chargeant les Français dans un fossé. La forte explosion d’un caisson de Vertières touché par un boulet lancé de Charrier permit aux troupes indigènes de se rapprocher davantage du blockhaus. Une dernière tentative de la part de la garde d’honneur de Rochambeau pour récupérer la position se termina par un échec retentissant.

La capitulation de Rochambeau

Il était cinq heures de l’après-midi. Tout à coup un amoncellement de nuages, des éclairs, puis le tonnerre. Et la pluie, une pluie abondante se mit à tomber avec violence pour ne s’affaiblir qu’à l’approche de la nuit qui enveloppa le champ de bataille. Une nation accédait douloureusement à la vie. Retiré dans son quartier général de Vaudreuil, Dessalines se préparait à lancer une nouvelle attaque. Il ordonna de construire des gabions près des places conquises en vue de placer l’artillerie. Rochambeau, fatigué par les assauts répétés de Capois et d’autres corps, pensa alors à une reddition. A minuit, un officier français se présenta aux avant-postes de l’armée pour être conduit à Dessalines.  Dessalines jugea inutile de donner l’assaut aux troupes françaises qui se retiraient des places non encore conquises. A l’aube du 19 novembre, le général français Boyé, sur demande de Rochambeau, se présenta au quartier général pour proposer la suspension des hostilités jusqu’à la conclusion définitive d’un traité avec les Anglais. Dessalines fit transmettre à Rochambeau que ces négociations avec les Anglais ne le concernaient pas. Ce pendant, il lui accorda un délai d’une journée. Les opérations devraient reprendre une fois le délai expiré. A cinq heures de l’après-midi, l’adjudant-général Duveyrier se présenta au Haut du Cap où s’était transporté le quartier général de Dessalines pour discuter des termes de la capitulation. L’armistice pouvait être signé.


Création du drapeau haïtien

 
Au cours d’un combat qui eut lieu en plaine du Cul-de-Sac, entre une troupe française et la 13ème demi-brigade coloniale, cette dernière perdit son drapeau qui était le tricolore bleu, blanc et rouge de la France. Les Français après s’en être emparés firent ressortir dans un texte imprimé que les indigènes n’avaient pas d’idée indépendantiste, puisqu’ils avaient conservé l’emblème de la nation française.

Alexandre Pétion qui commandait cette treizième demi-brigade fit aussitôt le rapport de cette interprétation à son chef le Général Dessalines. Celui-ci saisit cette occasion pour donner à ses troupes un nouveau signe de ralliement.
 


On était en février 1803, et le Général en chef des indigènes tenait son Quartier Général à la Petite Rivière de l’Artibonite. Il arracha du Tricolore français la couleur blanche et rapprocha le rouge du bleu : le Bicolore (bleu et rouge) qui sera désormais le Drapeau des Indépendants était créé. Il prescrivit en outre à tous les corps d’armée de transformer le drapeau bleu, blanc et rouge de la France en un drapeau bleu et rouge, les deux couleurs placées verticalement, puis il réunit les principaux chefs des corps d’armée en un Congrès qui eut lieu au Bourg de l’Arcahaie le 18 mai 1803.

Tous les généraux  ayant approuvé la décision du Général en chef, ce dernier se rendit sur la place d’armes du bourg et présenta solennellement aux régiments formés en carré le nouvel emblème.
 Le haut commandement français apprit cet évènement par l’Amiral Latouche Tréville qui, naviguant entre Port-au-Prince et l’Arcahaie, avait capturé le lendemain 19 mai, une barge indigène portant un drapeau bleu et rouge. L’Amiral français en fit immédiatement rapport en faisant remarquer que sur le drapeau indigène étaient écrits les mots : « Liberté ou la Mort ». Le drapeau bleu et rouge conserva les deux couleurs placées verticalement à Vertières le 1er janvier 1804. Mais par la Constitution impériale du 20 mai 1805,  il fut remplacé par un drapeau noir et rouge. 

A la suite du drame du Pont-Rouge le 17 octobre 1806 (assassinat de Dessalines), l’empire ayant été aboli, le Général Alexandre Pétion revint dans l’Ouest et le Sud au drapeau bleu et rouge avec toutefois les deux couleurs placées horizontalement. Dans le même temps, le Général Henry Christophe qui venait d’être élu Président de l’Etat d’Haïti et qui gouvernait le Nord, le Nord-Ouest (en partie) et l’Artibonite gardait le drapeau noir et rouge de Dessalines. Il le conservera, même devenu Roi Henry 1er. Quant aux armes de la République, bien qu’adaptées par le Président Pétion, elles ne commencèrent à figurer sur le drapeau haïtien qu’après le vote de la Constitution de 1843 qui prescrivit dans l’article 192 : « Les couleurs nationales sont le bleu et le rouge placées horizontalement ». «  Les Armes de la République sont le palmier surmonté d’un bonnet de la Liberté et orné d’un trophée d’armes avec la légende « L’Union fait la Force ».


Patrimoine immobilier à haute valeur culturelle d'Haïti


Les vestiges précolombiens

Les origines de notre patrimoine immobilier remontent à près de 9.000 ans avant la découverte du « Nouveau Monde ». Il s’effectua durant des siècles un processus lent et discontinu de migrations en provenance du sud du continent et se déplaçant d’île en île en suivant l’arc antillais. A l’arrivée des Espagnols en 1492, avec Christophe Colomb,  l’île est habitée par environ un million d’indigènes en majorité Arawaks, Siboneys et Caraïbes, chacun ayant un niveau d’évolution différent et des modes de vie particuliers.

Les vestiges archéologiques retrouvées un peu partout en Haïti démontrent que les indigènes, inexactement appelés Indiens par les Espagnols, vivaient dans des villages de près de trois mille personnes. Ces villages souvent placés au bord d’une rivière ou non loin du rivage, sont constitués de cases en bois couvertes de paille et disposées autour d’une place empierrée de forme circulaire ou elliptique. Les habitants aménagèrent, pour les besoins du culte ou pour s’abriter du mauvais temps, dans les grottes et cavernes des montagnes autour de leurs villages.

Aujourd’hui, on retrouve leurs Zémies ou idoles, gravées sur les parois ou sculptées dans la pierre des grottes du Bassin Zim ou Bassin aux Zémies, à Dondon dans le Nord du Plateau Central ou dans la Grotte Saint Francisque à Saint Michel de l’Attalaye. Sur la côte Nord, à En Bas Saline, près de Limonade, se trouve Guarico, le village de Guacanagaric mentionné dans le journal de bord de Christophe Colomb et témoin privilégié des premiers moments de la rencontre entre les Européens et les indigènes.


Les vestiges de la colonisation espagnole

Au bord de mer de Limonade et non loin du village de Guacanagaric, la Villa de Navidad, première construction européenne des « Territoires Découverts », fut érigée avec les débris de la Santa Maria, une des trois caravelles de Colomb. Cette humble palissade d’enceinte flanquée d’une tour en bois est incontestablement l’acte fondateur de la colonisation européenne du Nouveau Monde, inaugurant la longue série des ouvrages militaires qui jalonnent l’histoire des Amériques.

Le gouverneur Nicola Ovando, pour contrôler tout le territoire espagnol et garantir une véritable colonisation d’Hispaniola, ordonna la création de près de quinze villes. Une d’entre elles, Villa Puerto Real, suscite un intérêt particulier (il y existe encore des ruines). Construite en 1503 par Rodrigo de Mexia, non loin du village de Guacanagaric, cette « ville impériale authentique du XVIème siècle en Amérique », connut une période florissante puis un déclin précoce dû à la désertion progressive de ses habitants jusqu’à l’abandon complet en 1578.



La colonie française

Peu après l’occupation initiale de l’île par les Espagnols, des corsaires anglais, français, flamands et autres, se laissèrent séduire par les rumeurs de trésors que rapportaient les galions espagnols des territoires d’Amérique. Essentiellement marins, extrêmement mobiles et répondant à la seule autorité d’un chef choisi par eux, ces pirates s’attaquent sans merci aux navires espagnols chargés d’or, d’épices et autres matières précieuses.

 A l’abandon de la partie Ouest de l’île par les Espagnols, les flibustiers choisissent des emplacements stratégiques pour s’abriter, partager leur butin et se reposer. En Haïti, l’Ile de la Tortue, l’Ile à Vache et Labadie ont été les hauts-lieux de la flibuste. D’autres centres seront élevés, plus tard, au rang de villes coloniales par l’administration française : Saint Louis du Sud, siège au début du XVIIème siècle de la Compagnie Royale des Indes Occidentales ; le Bourg du Bas du Cap, plus tard le Cap-Français, la capitale économique de ce territoire ; l’Hôpital, aux environs duquel sera fondée, en 1749, Port-au-Prince, la capitale politique et administrative de la Colonie.



Les habitations coloniales

La France, à partir de 1697, obtient de l’Espagne la reconnaissance de son autorité sur le tiers occidental de l’Ile d’Hispaniola, et y établit son administration. Le système colonial se caractérise, dès lors, par de grandes exploitations agricoles produisant pour le commerce exclusif avec la Métropole.

 Saint-Domingue, à partir de la deuxième moitié du XVIIIème siècle, devient la plus florissante des colonies françaises produisant le tabac, le coton, l’indigo, le café et surtout le sucre. De cette époque subsistent les ruines d’aqueducs, de moulins, de maisons d’habitations, notamment dans la plaine du Cul de Sac, à Caradeux, Frères, Digneron, Noailles, Chateaublond, Dargourt ; et dans la plaine du Nord, les habitations de Gallifet, de Dupla’a, de La Gossette, de la Guinguette, de Grand-Pré, de Saint Paulette, etc.



Le système de défense de la colonie française de Saint-Domingue

Les villes côtières et intérieures, importants et riches centres d’entreposage et d’expéditions de la production coloniale, requérant des moyens de défense appropriés furent entourées de solides fortifications en maçonnerie. Le Cap-Français, pour assurer sa défense, comptait en plus du Fort Belly, du Fort Saint Joseph, du Fort Belair, de la Batterie du Gris-Gris, du Fort Picolet et du Fort aux Dames, les fortifications de la baie de l’Acul, du Fort Saint Charles, du Fort Saint Frédéric, le Fort Dauphin, véritable citadelle, et du Fort Labouque, élément clé du système.

Ces fortifications, en 1802, contraignirent l’escadre du Corps expéditionnaire français à pénétrer dans la baie du Cap-Français, alors placée sous le commandement du général Henri Christophe. L’escadre fut incapable de forcer cette ligne de défense. Cependant, avec des troupes de quatre mille hommes, le général Rochambeau surmonta la défense de Fort Liberté ; Christophe, craignant une défaite, ordonna à ses troupes d’abandonner et d’incendier la ville.


Architecture caraïbe


A la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, l’architecture victorienne influence toute la Caraïbe et a eu en Haïti un écho particulier avec des styles d’une rare variété. Les architectes haïtiens, souvent formés en Europe, ainsi que des bâtisseurs anonymes, s’expriment dans le dessin et la conception de résidences d’un genre nouveau : le « Pains d’épice », et lèguent au pays une importante collection d’œuvres dont l’intégration climatique et le sens des formes et du détail sont remarquables. A cette architecture authentiquement caraïbe s’ajoute une forte influence africaine qui se retrouve aussi dans les maisons paysannes de certaines régions du pays.

Le système de défense au lendemain de l'Indépendance d'Haïti

A la fin du mois de novembre 1803, les derniers contingents de l’Armée française quittent la colonie. L’indépendance du territoire, appelé désormais Haïti, est proclamée aux Gonaïves, le 1er janvier 1804. A partir de cette date, débute une nouvelle orientation du concept de défense dans l’histoire du pays. Les fortifications côtières n’assurant aucune défense suffisante contre un éventuel retour de l’armée française, Jean-Jacques Dessalines ordonna l’édification dans tout le pays d’une série d’ouvrages fortifiés au sommet des montagnes, ligne de défense naturelle pratiquement imprenable, depuis l’époque du marronnage.

Surplombant les voies de pénétration vers l’intérieur des terres et destinés à protéger un repli, furent érigés dans le Nord : le Fort des Trois Pavillons, le Fort Rivière à Dondon, le Fort Neuf à Saint Raphaël, le Fort Dahomey à Limbé, le Fort Redoutable à Marmelade, le Fort Sans-Quartier, le Fort Brave, les Redoutes de Ramiers, et la célèbre Citadelle Laferrière à Milot.

Sur les montagnes environnant Marchand-Dessalines, la capitale de l’Empereur Jacques 1er, les Forts Décidé, Culbuté, Madame, Doko et Fin du Monde dominent la vaste plaine de l’Artibonite. Dans l’Ouest, les Forts Jacques et Alexandre à Fermathe ; au-dessus de la ligne de Léogâne, le Fort Campan ; le Fort Cap Rouge à Jacmel ; et entre autres, la forteresse des Platons, aux Cayes. Ces fortifications répondent aux prémices de la première Constitution du nouvel Etat prescrivant qu’« au moindre signal d’alarme, les villes disparaissent et la Nation est debout ».


Complexes administratifs au lendemain de 1804

Au lendemain de l’Indépendance, particulièrement dans la région du Nord, Henri Christophe, proclamé Roi d’Haïti en mars 1807, fit construire d’importants complexes administratifs : la Citadelle Henry au sommet du Bonnet à l’Evêque surplombant le Palais de Sans Souci à Milot ; le Palais de la Belle Rivière ou Palais aux 365 Portes à la Petite Rivière de l’Artibonite ; le Palais de la Belle Vue Par le Roy à Limonade.


Cap-Haïtien

Fondé en 1670 sur l’emplacement supposé d’un village taïno du nom de Guarico, le modeste village de flibustiers du Bas du Cap devient, en 1711, par une ordonnance royale qui fit de lui le Cap-Français, une « ville coloniale des possessions françaises du Nouveau Monde. » Grâce à une exploitation intense de la Plaine du Nord, la ville du Cap-Français connut, au XVIème siècle, une splendeur qui la fit surnommer le « Paris de Saint-Domingue. » Le Cap-Français du XVIIIème siècle est une ville d’architecture néo-classique sobre, au langage répétitif que seul interrompt la majesté des grands édifices publics aux façades blanchies au lait de chaux : le Palais du Gouvernement, les Grandes Casernes, l’église paroissiale, etc. Cet aspect austère de l’ensemble du bâti est renforcé par un tracé urbain en échiquier et par des places publiques aux formes stables et reposantes.

Centre économique et politique de la colonie de Saint-Domingue, le Cap est la première ville de la colonie à ressentir les remous des profonds bouleversements sociaux qui secouèrent la Métropole en 1789. De la fronde des grands propriétaires à la révolution des esclaves, en passant par la révolte des affranchis, le Cap-Français est le théâtre des grands évènements politiques de l’époque. Au lendemain de l’Indépendance d’Haïti (1804), le Cap devint la capitale commerciale du royaume d’Henry 1er et prend le nom de Cap-Henry. La ville se voit à cette époque ravir la fonction de capitale administrative par le complexe du Palais de Sans-Souci, construit sur huit hectares à l’intérieur des terres sur l’habitation Milot au pied de la Citadelle. A la mort du roi, le Cap-Henry devient le Cap-Haïtien.

Détruit par le séisme de 1842, le Cap-Haïtien, à la fin du XIXème siècle, connaît un essor économique. La ville redevient prospère et de nombreux projets de modernisation et d’infrastructures sont réalisés : en 1877, le Pont du Bac, actuel Pont Hyppolite, connecte la ville à la Plaine du Nord ; un wharf moderne est érigé ; le bâtiment de l’église paroissiale est reconstruit ; en 1881, les Grandes Casernes coloniales sont converties en hôpital, l’hospice Justinien ; en 1896, un chemin de fer relie la ville aux centres caféiers et bananiers et le Marché Clugny est construit. De cette époque date également l’ajout des balcons aux parapets et balcons ouvragés apposés en encorbellement sur la façade austère des maisons coloniales et donnent à la ville son charme et son originalité.

Actuellement ,quoique détériorée la ville historique du Cap-Haïtien conserve une très forte unité architecturale et d’innombrables témoins retraçant son passé. En raison de son histoire d’une rare richesse et de la haute valeur culturelle de son architecture, la ville du Cap-Haïtien a été proposée en 1992 sur la liste du Patrimoine des Amériques de la Caraïbe. En 1995, le centre ville historique est classé patrimoine national.


Jacmel

Fondée en 1698 par les colons français, Jacmel devient en 1720, une « ville coloniale » et jouit d’un développement économique basé principalement sur l’exploitation du café, du coton et de l’indigo. Pendant toute la période française, les caractéristiques physiques de cette partie du territoire en font une région peu habitée et isolée, et dès le XVIème siècle, ses montagnes escarpées et ses épaisses forêts offrent un refuge imprenable aux marrons. Durant le XIXème siècle, la ville de Jacmel connaît un véritable essor grâce à la production caféière de la région, et jusqu’à la première moitié du XXème siècle, exporte près de 20% de la production nationale de café. Le ministre français de l’époque considère Jacmel comme « la ville la plus florissante du pays ». 

L’architecture est caractérisée par une « abondante floraison de pierres et de toitures rouges et vertes ». La bourgeoisie locale faisant sienne les codes esthétiques de l’époque, intègre aux façades des bâtiments de la ville un vocabulaire néo-classique caractérisé par un foisonnement de colonnes et de balcons. Les lourdes constructions en maçonnerie sont agrémentées de détails ornementaux métalliques importés de Belgique, de France et d’Angleterre. L’architecture est élégante et donne à Jacmel son irrésistible cachet.

 

Port-au-Prince

Au milieu du XVIIIème siècle, pour des raisons administratives, économiques et militaires, se posa « la nécessité d’établir en une position géographiquement centrale » une nouvelle capitale pour la colonie française de Saint-Domingue. Le 26 novembre 1749, un décret du Roi de France consacre le Port-au-Prince, capitale des « Isles sous le Vent ». Implantée à l’origine sur l’Habitation Randot, de la colline du Bel-Air jusqu’au rivage, la nouvelle ville s’agrandira par la suite vers le Sud.Au moment de la fondation de la ville, le curé s’installe provisoirement dans l’ancienne sucrerie de l’habitation, débarrassée de ses chaudières.

Sur cet emplacement, l’Eglise paroissiale de Port-au-Prince sera  édifiée et deviendra, plus tard, la Cathédrale ; et vers la fin du XVIIIème, cette église constitue, avec le presbytère, le Bureau de l’Intendance et ses jardins, la Place de l’Indépendance, l’Hôtel de la Marine, le Mur de la Terrasse et la Place de l’Abreuvoir, un ensemble monumental surplombant la ville marchande. Au cours de la seconde moitié du XIXème siècle, dans cet espace, seront construits le bâtiment devant loger le premier lycée de la République, le Lycée Pétion, puis au début du XXème siècle, la nouvelle Cathédrale de Port-au-Prince et l’Ecole des Arts et Métiers, actuelle Ecole Nationale de la République du Vénézuéla. Toutes ces constructions constituent aujourd’hui un ensemble monumental de haute valeur.

Dans la nouvelle ville, un vaste espace sera réservé au pouvoir militaire. Longtemps laissé en friche, ce lieu appelé plus tard La Savane du Gouvernement, comportait des bâtiments isolés qui, durant la période haïtienne, abriteront les bureaux de l’Administration Publique. Au début du XXème siècle, la construction d’un certain nombre de bâtiments publics d’envergure, l’aménagement d’un ensemble de places publiques, ainsi que l’installation d’activités culturelles, permettront à cette zone de se définir comme un ensemble administratif, culturel et récréatif de grande valeur historique, symbolique et urbanistique dont les bâtiments notoires sont : le Palais National, résidence du Président de la République, le Palais des Ministères, le Palais des Finances, les Casernes Dessalines et le Palais de Justice.

Port-au-P
rince et ses environs, dévastés par le séisme du 12 janvier 2010, sont en voie de reconstruction.


Religion


Le Vodou

Un regard respectueux sur la vie culturelle haïtienne, conduit naturellement à comprendre qu’Haïti accomplit sa traversée du temps, l’âme profondément ancrée aux entrailles de l’Afrique antique.

Les descendants des hommes arrachés à leur terre natale, défient l’imposture du destin américain en lui imposant la persistance des valeurs indélébiles de la négritude intemporelle.

Le Totem nègre en Amérique

Le vodou, du Béninois et du Togolais « vodoun » qui signifie : les esprits,  est le témoignage haïtien de la réalité nègre de l’Amérique. Le vodou comme religion, est né de la rencontre des croyances et des pratiques religieuses hérités des diverses ethnies africaines, maintenues en esclavage à Saint-Domingue, jusqu’en 1803. Mais essentiellement, le vodou incarne une vision du monde et de l’existence charriée par les esclaves, vision partagée également par les aborigènes occupant l’île, bien avant l’arrivée des Européens en 1492.

L’Apanage religieux vodou

Les vodouisants assument les responsabilités d’une alliance avec l’Invisible Polyforme qui régit leur présence sur terre. La religion vodou réunit le triptyque indispensable qui caractérise toute religion : La manifestation surnaturelle, les prêtres gardiens des connaissances et interprètes de la philosophie, la communauté tangible qui porte le lien et le transmet.

Les rituels vodou s’adressent à des besoins spécifiquement religieux de la personne et du groupe, de la naissance jusqu’à la mort et même au-delà : initiation, achèvement de la personnalité, justification de l’existence dans le temps et dans l’espace.

Le Panthéon vodou

Le vodou multiplie le concept de l’être absolu et suréminent appelé Dieu, et le fait habiter dans toutes les formes de forces éprouvées par l’humanité. Le panthéon vodou réunit de nombreuses divinités qui prennent figures humaines, tantôt masculines tantôt féminines, selon l’expérience matérielle ou spirituelle qui en a été faite et qui a été transmise aux premiers peuples. Le Lwa, c’est-à-dire l’esprit, ne consent à se manifester qu’après acclamation respectueuse de son pouvoir divin. Celle-ci procède d’un cérémonial remontant le temps et les espaces. Ainsi, qu’il soit familial, (entretien du wogatwa ou du demanbwe), qu’il soit public (dans le hounfò ou péristil), le culte consiste avant tout, en une maîtrise uniforme de rituels traditionnels, transmise pendant des siècles, par oralité, et exécutée similairement par des communautés sans liens territoriaux ou familiaux apparents.

Les temps modernes

Pendant près de trois siècles, le vodou a été en butte  aux assauts hégémoniques de la pensée occidentale qui l’assimilait à la sorcellerie, sinon à la mythologie propre à l’Afrique Noire sauvage. Mais la solidité de ses fondements philosophiques, véritable matrice de l’identité nationale, lui a permis de résister à travers le temps aux forces destructrices.

La considération sociale du vodou a évolué, parallèlement à l’accès de ses adeptes aux canaux de modelage de l’opinion. L’une des démarches marquantes de la Constitution de 1987, a été de consacrer la liberté des cultes. Ainsi, l’Etat Haïtien a pris la responsabilité d’accélérer la reconnaissance de cette composante nationale qui façonne l’attitude mentale de la population et lui confine un comportement typique, colorant ainsi l’atmosphère sociale de la nation.

Vodou…hier, soutien moral et médical de l’esclave opprimé…Force de rassemblement pour l’indépendance…et voie royale d’une affirmation identitaire nationale.

Encore aujourd’hui, Vodou: arme spirituelle du marginal et de l’exclus, code de vie de nombreuses communautés dirigées par des sociétés mystiques qui prônent l’ordre, la sagesse, le respect de la nature et offrent aux croyants et aux non-croyants, la puissante connaissance des plantes médicinales, et la découverte fascinante d’un syncrétisme culturel indien, africain et européen.

Le vodou demeure en définitive, ce qui relie les hommes et les femmes entre eux, les attache à leur territoire, ainsi qu’à cet Etre Invisible qui régit l’univers.

Les hauts-lieux du vodou

Née de la rencontre des trois cultures, amérindienne, européenne et africaine, qui ont cohabité et se sont confrontées, la religion Vodou d’Haïti s’est constituée en une forme de syncrétisme de symboles et de rites qui lui donne son originalité. Certains lakous dont la tradition remonte au marronnage gardent encore vivantes aujourd’hui la mémoire et la pratique d’un pan important du fait religieux haïtien. Il s’agit par exemple de Lavilokan, de Nan Soukri ou de Souvenans.


Lakou Souvenans : mythes et réalités

Depuis le premier rapport sur le développement du tourisme en Haïti, produit en 1972, les gouvernements ont toujours misé sur le rôle et l’importance de la culture haïtienne comme potentiel du produit touristique. Lakou Souvenans se trouve au centre de ce pari, au carrefour de la genèse de notre fameux syncrétisme religieux et culturel. Dans le circuit de la connaissance, se trouvent inventoriés les lieux de mémoire les plus significatifs de l’évolution historique de la nation et les plus symptomatiques de sa diversité culturelle. Ce sujet de préoccupation se retrouve dans la tradition de Lakou Souvenans. Il fait aussi l’objet de l’intérêt particulier de l’UNESCO qui a défini deux projets internationaux autour de leur thème respectif : La route de fortification et La route de l’esclave.  

Situé à environ cinq kilomètres au nord-est de la ville des Gonaïves (152 kms au nord de la capitale, Port-au-Prince). Souvenans, l’un des plus importants sites mystiques du pays reste un lieu de mémoire comme tant d’autres. La valeur spirituelle de Lakou Souvenans fait penser à Médine et à Jérusalem qui attirent des pèlerins, monothéistes ou pas. Ce site mystique constitue le questionnement poussé de la fausse évangile prônée en opposition ouverte et souvent violente à la pratique du vodou qui a subi une campagne anti-superstitieuse dénoncée par le célèbre romancier et militant politique haïtien Jacques Roumain. Ce Lakou dirigé par un vénérable serviteur, héritier des descendants du Royaume de Dahomey forment un triangle isocèle avec deux autres sites mystiques limitrophes de la ville des Gonaïves, notamment Lakou Soukri et Lakou Badyo.

Avec ses valeurs éthiques propres, Lakou Souvenans a défié le temps en dépit des tumultes de toutes sortes. Le site à travers ce qu’il renferme comme mythes et réalités représente un grand laboratoire pour des anthropologues et des étudiants étrangers, venant du Japon, des Etats-Unis d’Amérique, de la France… qui effectuent des recherches très poussées sur le phénomène de la zombification. Le Vodou a une tradition orale liée à l’initiation.

Le site de Souvenans est composé d’un temple vodouesque planté au centre, d’une piste d’eau dénommée « Bassin l’Empereur » et d’arbres datant du temps de la colonie. Une grande cérémonie est organisée tous les dimanches de Pâques à l’intention des serviteurs, des héritiers et des visiteurs. Le sèp, une espèce de punition renferme encore les mystères et les réalités qui entourent ce site. La punition est réservée aux serviteurs qui ne sont pas en odeur de sainteté. L’effort est personnel dans le vodou, comme le salut dans les religions judéo-chrétiennes. Cette cérémonie est marquée par la tuerie d’un taureau. Cette fête traditionnelle dure une quinzaine de jours. Les pèlerins restent au-delà d’un mois pour concilier leurs corps à leurs âmes.

Selon la tradition orale, Souvenans existe depuis l’époque du marronnage et aurait participé à la résistance contre l’esclavage.



Les Eglises chrétiennes

La prépondérance du catholicisme

Ce sont surtout les Eglises chrétiennes qui occupent le champ religieux en Haïti, si on met de côté les musulmans et les Bahai, dont la présence est faible.

L’Eglise catholique, implantée par Christophe Colomb, patronnée par les rois espagnols puis français, privilégiée par le Concordat de 1860, a longtemps fait figure d’Eglise dominante et garde encore le statut de religion officielle. Il est généralement admis que 80% de la population haïtienne est catholique romaine.

A partir de 1966, un certain nombre de nouveautés dénote l’évolution de l’Eglise catholique vers une plus grande haïtianisation, en particulier l’intronisation de plusieurs évêques indigènes, l’utilisation du créole dans la liturgie, l’introduction du tambour à l’église. De nos jours, une orientation piétiste de la pastorale sous le patronage des évêques, est illustrée par l’ampleur du mouvement charismatique avec les rendez-vous annuels de Saint-Louis de Gonzague.

Les années précédentes avaient été marquées par  les engagements aux côtés du peuple des communautés de base ou « Tilegliz », inspirées par la théologie de la libération. L’Eglise s’est impliquée socialement et politiquement à partir de la visite du Pape en 1983 et aussi par l’implication de la mission Alpha, l’action de Radio Soleil et les initiatives de la conférence des religieux.

Les effectifs du jeune clergé, l’engagement des séminaristes, diocésains ou religieux, attestent une vitalité certaine. L’Eglise d’Haïti envoie des prêtres missionnaires au Brésil ou en Afrique, sans compter ceux qui sont au service permanent ou saisonnier dans les communautés de la diaspora.

Cependant, une enquête récente auprès des jeunes de la région métropolitaine, indique qu’il y aurait, à l’heure actuelle, un grand nombre d’Haïtiens à se réclamer du protestantisme. Les Eglises protestantes sont principalement des méthodistes, des baptistes et des pentecôtistes. En plus de leur dynamisme missionnaire, plusieurs facteurs peuvent éclairer leur croissance remarquable : la politique de soutien en leur faveur sous l’occupation américaine, les importants moyens financiers venus de l’extérieur ; mais aussi leur enracinement social, l’encadrement intense des jeunes par les chorales, les sorties, etc. Le protestantisme semble offrir à une grande partie de la population un lieu où s’exprimer, affirmer une identité sociale, trouver des modèles et un statut, un lieu d’appartenance et de solidarité

Outre leur mission spécifiquement religieuse, les Eglises chrétiennes jouent un rôle social considérable, dans le domaine de l’éducation et à travers de nombreuses œuvres d’assistance (orphelinats, hospices de vieillards, hôpitaux, etc.). A côté des ONG, on peut dire que ces Eglises interviennent sensiblement dans les secteurs de la santé, des coopératives, du développement rural, etc.

Peut-on parler d’œcuménisme à propos de toutes ces Eglises chrétiennes ? La route est encore longue, cependant, certaines actions tendent dans cette direction. Par exemple, la traduction de la bible en créole a associé les prêtres catholiques aux pasteurs protestants responsables de l’initiative.


Littérature haïtienne

Au lendemain de 1804, la littérature haïtienne  est épique. Elle raconte les exploits des guerriers qui ont valu à la nation son indépendance. L’esprit de la Révolution française, les interventions déclamatoires et engagées des orateurs aux tribunes des différentes assemblées sont très influentes dans les écrits de cette période. La déclaration de l’Indépendance rédigée par Boisrond Tonnerre en est un vivant exemple. Les écrivains sont des partisans qui ont une cause et un parti à servir.

Peu à peu, la littérature se dégage de ses premières tendances. Les rapports avec l’ex-colonie française s’harmonisent, les voyages deviennent plus fréquents, nos portes s’ouvrent aux marchandises et aux livres français et nos hommes de lettres suivent le courant romantique : Coriolan Ardouin, le chantre de la douleur,  Demesvar Delorme, le conteur, Louis Joseph Janvier à l’âme inquiète. Ils sont avant tout des imitateurs des écrivains français et leurs œuvres ne reflètent point les idées du milieu haïtien.

Mais bientôt un changement s’opère, tout en gardant l’expression romantique lyrique, nos écrivains présenteront des écrits dont le contenu sera haïtien et lié aux mœurs et aux problèmes nationaux.

Oswald Durand, notre illustre barde national, a chanté les beautés du pays, le charme et la grâce de nos paysannes.

La poésie cédant le pas au roman, nous voyons bientôt apparaître les noms de Frédéric Marcelin, Justin Lhérisson, Fernand Hibbert, dont les œuvres présentent trois aspects : politique, moral et spécifiquement haïtien.

Les pages de l’histoire tournant, des idées nouvelles éclosent. Une école néo-romantique prend naissance et y figurent les poètes :  Thimothée Parte, Damoclès Vieux, Virginie Sampeur. Le Parnasse et le symbolisme ont aussi leurs disciples : Seymour Pradel, Probus Blot, Constantin Mayard.  A la fin du 19ème siècle, un autre mouvement littéraire se manifeste, ayant comme chef de file : Etzer Vilaire. C’est l’école éclectique qui se veut universelle et libérée de toute contrainte temporelle, raciale, distancielle. A sa suite, marcheront Charles Moravia, Frédéric Burr-Reynaud, Luc Grimard, Ida Faubert, Duraciné Vaval.

C’est au tour des indigénistes de protester contre la tendance bovaryste consistant à imiter nos anciens maîtres, à adopter leurs idées, leur mode de vie. L’occupation américaine vient renforcer une prise de conscience de l’identité de l’Haïtien, de ses origines, de sa grandeur.

Le Dr. Jean Price-Mars publie son livre : Ainsi Parla l’Oncle où il réhabilite le nom d’Haïtien. Il sera suivi de Carl Brouard, d’Emile Roumer, de Jacques Roumain (Gouverneurs de la Rosée), de Pierre et de Philippe Thoby Marcelin, de Jean Baptiste Cinéas, de Jacques Stephen Alexis.

Avec cette nouvelle école, dite indigéniste, s’ouvre un nouveau courant national, mais qui laisse la place aux courants traditionnels. Dantès Bellegarde, Léon Laleau, Dominique Hyppolite, Stephen Alexis (Le nègre Marqué) dressent de violents réquisitoires contre l’occupant américain.

Jean Brierre, le poète des opprimés, Regnor Bernard, Félix Morisseau Leroy, chantre de l’Amour et de la Fraternité, Roussan Camille, Roger Dorsinville, font écho à leurs prédécesseurs.

Clément Magloire Saint-Aude, René Bélance, Hamilton Garoute, représentent le surréalisme. Plus près de nous, René Dépestre, Anthony Lespes, Davertige participent à la révolte contre les séquelles du colonialisme.

Dans l’histoire, nous retenons les noms de Thomas Madiou, Beaubrun  Ardouin, Thimoléon Brutus, Joseph St. Rémy, Jean-Baptiste Dorsainvil, Dr. Jean Price-Mars, Jean Fouchard, Roger Gaillard, Georges Corvington, Odette Roy-Fombrun.

A l’heure actuelle, plusieurs courants se dessinent, de nouveaux talents s’affirment : Frank Etienne, Gary Victor, Yanick Lahens. Avec la création du Prix Littéraire Henri Deschamps, du Prix d’Histoire, il semble qu’il y ait une propension à la création d’œuvres littéraires dont certaines témoignent d’un réel talent.

On ne saurait passer sous silence l’apport des écrivains haïtiens vivant à l’étranger : Jean Métellus, Marie Vieux, Edwige Danticat…

Pour conclure, il faudrait signaler que la littérature haïtienne a été pendant longtemps la première littérature des pays francophones en dehors de celle de la France, remarquable par la qualité et la quantité des œuvres produites et devançant ainsi la production canadienne.

Lecture recommandée

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Peinture haïtienne

Haïti est un pot pourri de cultures remontant aux Taïnos et aux Caraïbes, de rythmes et mouvements, de religions traditionnelles et vodou.

Cette culture multi-dimensionnelle s’est enrichie à l’arrivée des Espagnols en 1942, puis par la présence des pirates et corsaires français et anglais, ainsi qu’à la venue de groupes ethniques africains à travers la traite négrière. Ce mélange de cultures diverses provenant de trois continents explique qu’en Haïti on retrouve à toutes les époques un intérêt constant pour l’activité artistique. Ce pays a toujours été la terre des artistes : peintres, poètes, sculpteurs et musiciens.

L'art caraïbe et taïno domine durant la période précolombienne. Les ethnies africaines esclaves ont imprimé leurs traditions et leurs cultures respectives dans la sculpture. Des œuvres innombrables ont été réalisées par des artistes anonymes et des prêtres Vodou, pour honorer leurs « lwa » et décorer les « oumfò ».Henri Christophe, roi en 1807,  a vivement encouragé l’activité artistique. Deux artistes anglais  ont enseigné pendant cette période à l’Académie Royale de Milot. Vers 1820, l’artiste français Barincourt a fondé une école d’art à Port-au-Prince, à la demande du président Alexandre Pétion. Entre 1850 et 1859, l’Empereur Soulouque fondait une Académie de Dessin et de Peinture. Le Président Geffrard créait en 1860 une Académie de Peinture et de Sculpture.

L’artiste américain Dewitt Peters, arrivé en Haïti en 1943 pour enseigner l’anglais et impressionné par tant de talents et l’intensité de l’activité artistique, fonde en 1945 le légendaire Centre d’Art. Cette école devait marquer le début d’une véritable explosion de l’art haïtien et offrir une ouverture sur le monde international. En un court laps de temps, Peters rassemblait autour de lui plusieurs artistes de talent : Albert Mangonès, Joe Ramponeau, James Peterson, Maurice Borno, Roland Dorcély, Antonio Joseph, Luce Turnier, Lucien Price, Pétion Savain, Luckner Lazard, Hilda Williams, Andrée G. Naudé, Tamara Baussant, Marie José Nadal, Gesner Armand, pour ne citer que ceux-là.

Les artistes haïtiens, appartenant à cette école Moderne, se sont faits une place au soleil au niveau international. Les œuvres produites en Haïti au cours de ce dernier demi-siècle s’inscrivent dans les courants artistiques internationaux.

Dewitt Peters avait compris que l’artiste devait puiser l’inspiration dans les traditions profondément enracinées, et laisser libre cours à son ingéniosité. Plusieurs amateurs et connaisseurs ont reconnu l’importance de ce phénomène qui devait propulser Haïti au cœur de l’essor artistique du 20ème siècle. Au cours d’un voyage en Haïti vers la fin de sa vie, André Malraux a salué l’art haïtien dans son livre, Métamorphose des Dieux, L’Intemporel.

Philomé Obin (1892-1983), le patriarche des artistes du Cap-Haïtien, a été le directeur d’une succursale locale du Centre d’Art et le fondateur de l’Ecole du Cap. Il s’est donné pour mission d’enseigner aux jeunes artistes haïtiens à puiser l’inspiration dans leur vie quotidienne et dans l’histoire de leur pays, à s’exprimer selon la tradition figurative. En 1944, Obin a envoyé son tableau intitulé l’Arrivée du Président Roosevelt au Cap-Haïtien à Dewitt Peters. Ce geste  devait offrir de multiples opportunités à de nombreux artistes. Le frère de Philomé, Sénèque, ainsi que ses neveux Antoine Télémaque et Henri Claude, ont eux aussi connu la célébrité. Tout comme cette dynastie Obin, l’explosion artistique a bénéficié de peintres tels que Guy Dorcin, Eugène et Jean-Baptiste Jean, les frères Botex, les Thermidor, Guy Joachim, et bien d’autres.

André Pierre, prêtre vodou, devait suivre les traces d’Hector Hyppolite.  Il est devenu membre du Centre d’Art en 1948 et l’un des noms les plus connus de l’art haïtien. Son œuvre s’inspire de la riche et puissante mythologie de sa région. Entre 1950 et 1951, il peint trois murales pour la Cathédrale Sainte Trinité à Port-au-Prince. L’’œuvre représente l’Ascension, le Baptême, et l’Expulsion du Temple. Cette fresque sera son œuvre magistrale et attire encore des visiteurs du monde entier.

Castera Bazile, Rigaud Benoît,  Toussaint Auguste, Préfète Duffaut, Gabriel Lévêque, Adam Léontus, Philomé Obin, et le sculpteur Jasmin Joseph, ont eux aussi travaillé à la décoration de la Cathédrale de Port-au-Prince.

L’art haïtien reflète la philosophie de toute une nation et est bien apprécié par-delà les frontières. Antonio Joseph fut le premier Haïtien lauréat du prix Guggenheim. Le collectionneur bien connu, Joseph Hirschorn, s’est offert plusieurs tableaux lors de sa visite du Centre d’Art. Jason Seley, le sculpteur américain, a enseigné au Centre d’Art. Dieudonné Cédor et Luckner Lazard ont peint des murales pour l’aéroport international. Antonio Joseph est célèbre pour ses dessins et ses fresques commandées pour l’Hôtel Ibo Lélé.

Luce Turnier, Max Pinchinat, Luckner Lazard, Roland Dorcély, Jacques Gabriel, Gesner Armand et Bernard Wah se signalent parmi les artistes les plus célèbres des années 60. Ces artistes ont séjourné à Paris et ont goûté aux plaisirs de la vie cosmopolitaine. La littérature et la vie quotidienne leur ont permis de franchir les limites de leur vécu antérieur et d’enrichir leur art d’expériences nouvelles. A leur retour en Haïti, ils ont apporté un souffle nouveau à la communauté artistique de ce pays. Les artistes haïtiens ont toutes les raisons d’être fiers de ce niveau de maturité dont ils ont fait preuve en moins d’une décennie.

Durant les années 1960-1970, à la scission du Centre d’Art, Poto-Mitan, la galerie Brochette, l’Atelier de la Tête-de-l’Eau, l’Académie des Beaux-Arts, le Foyer des Arts Plastiques et l’Atelier Néhémy Jean produisent une nouvelle génération d’artistes : Tiga (Jean-Claude Garoute), Patrick Vilaire, Frido, Jean-René Jérôme, Simil, Bernard Séjourné, Jean-Claude Castera, Rosemarie Deruisseau, Ludovic Booz, Jean-Pierre et Karol Théard, Lionel Laurenceau, Jean-Claude Legagneur, Sacha Tébo, Arijac, Michèle Manuel, Philippe Dodard. Certains de ces artistes ont exploré la culture haïtienne à travers de nouveaux modes d’expression qui ont transcendé la notion archétype de l’art haïtien.

Cette époque voit aussi la prolifération des galeries d’art. On peut citer parmi tant d’autres : Issa, Nader, Monin, Marassa, Rainbow, Red Carpet, Carlos, Panaméricaine.

Au début des années 70, dans la communauté montagneuse de Soisson, sous la tutelle de Jean-Claude Garoute (connu sous le pseudonyme affectueux de Tiga) et de Maud Gerdes Robart, une coopérative voit le jour. Une fructueuse collaboration s’établit sous l’appellation de « Saint-Soleil » et deviendra le creuset d’œuvres empreintes d’individualité, se démarquant de tous les modes antérieurs de l’expression artistique haïtienne. La libre pratique de l’art, de la poésie et de la musique était vivement encouragée. 

Certains de ces artistes, tel le célèbre Robert Saint-Brice, pratiquaient le Vodou, pour eux source d’inspiration. Leurs œuvres exprimaient la volonté des Lwa, principales déités vodou, révélée dans des rêves et des visions. A travers ce thème dominant et puissant de la culture haïtienne, certains artistes ont exploré la voie d’une vie antérieure. Les artistes de ce mouvement sont : Louisiane Saint-Fleurant, Antilhomme, Saint-Jean, Prospère Pierre-Louis, Levoy Exil, Denis Smith et Stevenson Magloire.

La situation des artistes contemporains dont les œuvres sont produites dans des styles caractéristiques des courants artistiques mondiaux, ne s’est pas améliorée. Seuls quelques rares artistes ont su dépasser les stéréotypes et se faire une place sur la scène internationale. On peut citer : Hervé Télémaque, Edouard Duval Carrié, Philippe Dodard, Pascal Monin, Mario Benjamin, Barbara Prézeau et Patrick Vilaire.

Une nouvelle génération d’artistes d’avant-garde a émergé. Leurs œuvres traduisent l’anxiété, la peur, l’adversité et la solitude : Stevenson Magloire, Pascale Faublas, Roklo, Ti Pelin, Nasson, Lionel St-Eloy, Grégory Vorbe, Daniel Elie, Burton Chenet, Marie-Louise Fouchard, Marithou, Zéphirin, Odile Latortue, Pascale Smart, pour n’en citer que quelques-uns.

Bien que les artistes haïtiens ne bénéficient d’aucun soutien au niveau international, et en dépit des limitations, ils couvrent tout un éventail de styles et à l’aube du 21ème, ils sont un remarquable apport à l’épanouissement de l’art américain et mondial.


Artisanat et créativité

L’artisanat haïtien trouve ses origines dans la période pré-colombienne. Les indiens tissaient le coton, confectionnaient des hamacs, fabriquaient des poteries et amulettes en terre cuite, taillaient leurs haches dans la pierre, fouillaient leur pirogue dans les troncs d’arbres et construisaient leurs ajoupas avec les matériaux qu’ils trouvaient dans la nature. Les vestiges de cette époque, mis en évidence par les recherches archéologiques, montrent déjà la richesse de cette créativité qui caractérise l’artisanat haïtien aujourd’hui.

En effet, prenant ses racines de l’époque indienne, la créativité et la variété de l’artisanat haïtien se sont enrichies au fil du temps de l’apport inestimable des différentes cultures qui ont marqué l’histoire d’Haïti : les artisans et ouvriers de la « Classe des Artisans » de l’époque coloniale française, les esclaves arrachés des côtes africaines, les Européens fuyant la deuxième guerre mondiale en Europe, les différents experts et formateurs des projets d’assistance technique et des missions religieuses.

De cette créativité débordante, de plus en plus forte chaque jour, l’artisanat devient un secteur pourvoyeur d’emplois, une source additionnelle de revenu pour des foyers, le centre principal des activités du secteur informel. Si la musique et la peinture ont longtemps été les deux éléments les plus proéminents de la personnalité de l’Haïtien, l’artisanat se révèle de nos jours le troisième. Ce corps de métier compte plus de 200.000 personnes, et ses différentes composantes sont :

l’artisanat militaire et de service courant, l’une des activités les plus importantes du secteur informel en milieu urbain et rural,

l’artisanat d’appui au développement des autres secteurs notamment l’agriculture et la construction,

l’artisanat décoratif, expression de l’âme haïtienne, devenu produit culturel.

De ces trois composantes, c’est l’artisanat décoratif qui retient le plus l’attention de nos jours et offre à Haïti un créneau de compétivité dans la région. Il a acquis une renommée sur les marchés internationaux, même les plus éloignés : les marchés caraïbéens, nord-américains et européens. Les exportations du secteur atteignent plus de 23 millions de dollars américains l’an, soit 7% du total des exportations, avec deux périodes de pointe mai-juillet et septembre-novembre. Les deux principaux marchés sont le marché nord-américain (88%) et celui de la Caraïbe (5%). La production d’exportation regroupe les produits travaillés à partir du métal, du cuir, du bois, de la fibre végétale, et les produits peints. Cependant, du fait qu’une grande partie de la production artisanale soit vendue sur le marché local et que les circuits de commercialisation restent informels, ce chiffre devrait être augmenté des valeurs correspondant aux exportations informelles vers les Antilles, les achats des touristes, et les produits vendus pour la consommation locale.

Les intervenants du secteur sont l’artisan ou l’ouvrier de l’usine, les entrepreneurs individuels ou propriétaires d’usine, les exportateurs individuels ou les entreprises de commercialisation (galeries d’art, magasins d’artisanat, ateliers d’artisan…) et les agents d’exportation (institutions privées caritatives ou lucratives). Les structures de production se modernisent en milieu urbain mais restent en milieu rural au stade de l’outillage rudimentaire. La caractéristique principale de la structure de production est la petite entreprise, souvent familiale ou de quartier.

Le positionnement favorable de ce secteur sur le marché international est le résultat des efforts de promotion qui ont démarré depuis l’Exposition organisée à l’occasion du bicentenaire de la ville de Port-au-Prince et qui se sont poursuivis lors de l’organisation de foires nationales, comme l’une des toutes premières « Tout pour la table », et la participation aux expositions internationales, Carifiesta dans les Caraïbes.

A l’heure où les nations recherchent les pistes de développement durable, la riche diversité des matières premières disponibles dans la nature environnante, stimulant l’esprit créateur de l’Haïtien en général, la forte tradition artisanale qui se transmet au sein des familles, dans les communautés de façon informelle, garantissent à Haïti un potentiel économique de premier ordre et continueront longtemps à servir le génie créateur de l’âme haïtienne.


Fêtes du carnaval

Les fêtes du Carnaval débutent le dimanche qui suit la fête des Rois et atteignent leur apothéose au cours des trois jours gras.

Ample comédie à cent axes divers, dont la scène est Haïti.

Défilé de couleur, de masques, d’imprévus.

Délire de musique, foules en transe.

Folie collective où la fantaisie, la beauté et la richesse de l’imaginaire haïtien fascinent.

 


Les Raras

Dans le calendrier haïtien d’évènements culturels, la saison des Raras succède immédiatement au temps du carnaval. Les Raras commencent après le Mercredi des Cendres.

Les ethnologues haïtiens trouvent deux sources à cette tradition de réjouissances populaires. En général, elle est perçue comme une ramification du carnaval des villes, un phénomène culturel florissant autre fois seulement à la campagne.

Les Raras sont aussi présentés comme un héritage de l’époque précolombienne, une survivance de la célébration du printemps par les Indiens qui habitaient l’île avant l’arrivée de Christophe Colomb. Les Raras se sont épanouis surtout dans l’Ouest et l’Artibonite et sont moins connus dans le Nord d’Haïti.

  

Gastronomie haïtienne

 

De 1492 à 1804, Saint-Domingue a été un véritable « melting pot » qui a laissé des traces dans la cuisine. La cassave de l’Indien, l’afiba de l’Africain, le porc salé et boucané du flibustier, le dougbroil du corsaire (doumboueille) sont des plats témoins des bouleversements qui ont jalonné l’histoire d’Haïti. L’Indien Arawak nous a laissé ses traditions culinaires, le boucanier, l’engagé et le flibustier pirate des mers, ont profondément modelé par leur apport une cuisine haïtienne riche et diverse.

C’est aussi dans l’extrême variété des légumes introduits par les colons européens que se trouve la saveur toute particulière de nos plats.

L’esclave avec ses « places à vivre » a su également laisser son empreinte. Par exemple, notre bouillon pois congo, notre soupe au giraumon, notre tasso et notre griot légendaire ont leur place dans tout ouvrage traitant de la cuisine haïtienne..

Les légumes de notre terroir dont la valeur nutritive est incontestable, les fruits savoureux : mangue, cachiman, abricot (fruit sacré des Taïnos) composent un feu d’artifice de plats exquis dans la Caraïbe.

Nos baies regorgent de crustacés : langoustes, crabes, lambis, crevettes. Les poissons, aussi bon boucanés, grillés, ou cuisinés à la manière créole ; spécialités où le piment « ti zoizo » apporte un parfum spécial à notre brise marine. La variété de nos grillades est légendaire.

Les recettes régionales haïtiennes typiques à certaines provinces sont très diversifiées, surtout que nos bourgs et villages sont souvent tributaires de leur agriculture. Qui n’a déjà savouré le fameux poulet aux noix si cher aux Capois, accompagné de notre riz aux pois ou au djon-djon ; le tom-tom calalou de la Grande-Anse ; le touffé aux aubergines des Artibonitiens, et le poisson salé des villes côtières baignées par la mer des Antilles ? 

Les desserts d’Haïti tiennent une place importante dans la gastronomie du pays, car rien ne vaut un « pain patates », un pudding de maïs ou un pudding de cassaves accompagné d’une liqueur du pays, d’un petit verre de rhum ou d’un crémas dégusté après une tasse de café. Nos cocktail divers charment le palais, le nez et la gorge.  

L’Ecole Hôtelière d’Haïti dont l’une des missions est de mettre en valeur la cuisine haïtienne s’efforce de faire de ses diplômés les ambassadeurs de notre héritage culinaire.

 


Diversité biologique d'Haïti

Haïti est l’un des plus riches pays de la Caraïbe en terme de diversité biologique. Sa flore comprend 5.000 espèces de plantes vasculaires, dont 36% endémiques et sa faune 2.000 espèces dont 75% endémiques.

Sa diversité biologique est influencée par son climat variable en raison de sa position dans la Caraïbe et de sa topographie.

Les zones biologiques naturelles, spécifiques à la République d’Haïti, ont été inventoriées et décrites en 1947 par le brillant écologiste Leslie Holdridge.

Il ressort de ses travaux que les écosystèmes terrestres et aquatiques d’Haïti sont les suivants :

La forêt pluvieuse de la zone subtropicale

C’est la plus petite zone biologique du pays. On trouve cet écosystème sur la route reliant les Cayes à Jérémie. Elle reçoit plus de 4.000 mm d’eau de pluie par an. Il y pleut 11 mois sur 12.

La forêt sèche de la zone subtropicale

Cette zone biologique, en contraste avec la forêt pluvieuse, se situe dans les régions de moins de 400 m d’altitude. Cette forêt est riche en bois à brûler.

La forêt épineuse

Dans cet écosystème, le plus aride du pays, règnent des conditions semi-désertiques. La pluviométrie moyenne est de 300 à 550 mm, soit 7 à 9 mois (210 à 270 jours) de sécheresse dans l’année. Cette zone s’étend des Gonaïves à Anse-Rouge.

La forêt humide de montagne de basse altitude

Ce type de forêt représente une grande partie de la zone de Kenscoff et d’autres montagnes du pays. Elle abrite la zone de vie la plus importante d’Haïti. La forêt humide de montagne de basse altitude se prête à de multiples usages à cause de ses différents types de sol et de ses pluies abondantes bien réparties.

La forêt humide de la zone subtropicale

Cette zone biologique est l’une des plus productives du Pays. Elle fournit la plupart de nos fruits et légumes tropicaux et est propice à l’élevage bovin. C’est en partie à cause de son climat idéal pour la figue-banane, le cacao, la canne à sucre, l’indigo et les bois-d’œuvre que la colonie de St-Domingue avait été surnommée « la Perle des Antilles ».

Le littoral

Les écosystèmes du littoral sont d’une importance capitale pour l’économie du pays bordé de 1.770 km de plateau continental, de 5.000 km le long de l’Océan Atlantique et de la mer des Caraïbes. Les écosystèmes marins et côtiers font la richesse touristique de la Caraïbe en raison des plages et des récifs coralliens.

Les lacs et étangs

Les lacs, étangs et autres milieux humides du pays constituent des écosystèmes intéressants. Situés généralement en terre de basse altitude, ces systèmes sont riches en espèces natives et endémiques.

Les fonds sont riches en algues, herbes aquatiques, poissons, crustacés et mollusques dont la biologie est encore méconnue.

Les îles satellites

Territoires intéressants en raison de leur histoire naturelle, ces îles comprennent des écosystèmes terrestres, côtiers et aquatiques.

La forêt très humide de la zone subtropicale

C’est une zone biologique très particulière dans la mesure où les précipitations y sont constantes. Elle a une pluviométrie moyenne de 2.000 mm par année et alimente une bonne partie des 200 sources de la Rivière Grise.

La forêt pluvieuse de montagne de basse altitude

Caractérisée par plus de 4.000 mm de pluie par an, soit 11 mois pluvieux, cette zone est particulière aux montagnes du sud du pays. La géologie de la région comprend deux principales formations de roches sédimentaires et volcaniques.

La forêt très humide de montagne de basse altitude

Cet écosystème est déterminé par d’abondantes pluies tropicales. La pluviométrie est de 2.000 à 4.000 mm (800 et 2.000 m d’altitude). C’est dans cet écosystème que l’on rencontre les plus beaux spécimens de pins.


Procédure pour l'aménagement et l'exploitation  

d'établissements touristiques en Haïti

Toute personne physique (individu) ou morale (société) désirant ouvrir et exploiter un établissement touristique doit se conformer aux conditions et obligations suivantes.

1.    Solliciter du Département du Tourisme, le formulaire d'information préliminaire prévu à cet effet.

2.    Soumettre son projet en se basant sur ce formulaire et solliciter l'approbation de première étape.

2.1.    Les services techniques du Département analysent le dossier et soumettent un rapport au Ministre du Tourisme sur la viabilité ou non du projet dans un délai de 5 semaines.

3.    Le Ministre du Tourisme sur avis favorable des services techniques donne l'approbation dite de première étape et invite le requérant à soumettre dans un délai de 2 à 12 mois les plans et devis, les études de marchés, les documents financiers, etc.

Dans le cas où la propriété d'implantation du projet appartient à l'Etat

3.1.    Le Ministère du Tourisme sollicite de la DGI (Direction Générale des Impôts) et de la Collectivité locale concernée une option d'une année en vue de permettre

à l'investisseur d'avoir accès à la propriété et soumettre ses documents, plans, etc.

3.2.    La DGI remplit les formalités légales et accorde l'option de bail au Département du Tourisme pour une durée d'une année.

3.3.    Le Ministère du Tourisme met la propriété à la disposition de l'investisseur moyennant un coût et l'invite à soumettre dans un délai raisonnable les documents, plans pour l'examen du dossier en vue de l'autorisation.

4.    Les promoteurs soumettent les documents requis au Ministère du Tourisme. Incluant, en plus des informations techniques relatives au projet, les informations personnelles telles que certificat de bonne vie et mœurs, certificat bancaire, titre de propriété, etc.

4.1.    Le dossier est analysé par les services techniques qui soumettent leur rapport dans un délai allant de quatre (4) à huit (8) semaines au Ministre du Tourisme.

4.2.    Dans le cas où le dossier est approuvé, le Ministre du Tourisme transmet le dossier accompagné d'un rapport motivé au comité multisectoriel pour l'analyse et l'approbation du projet.

5.    Le Comité approuve le projet et autorise le Ministre du Tourisme à donner les suites nécessaires.

6.    Accomplissement des formalités nécessaires par les autorités compétentes: signature de convention d'établissement et de contrat à bail le cas échéant.

7.    Le promoteur est autorisé à commencer l'exécution des travaux en respectant les délais et les plans sous la supervision du Département du Tourisme.

7.1.    Les services techniques du Ministère du Tourisme et des autres instances concernées s'assurent du respect des normes et des plans proposés et délivrent un certificat de conformité.

8.    L'investisseur ou l'entreprise sollicite du Ministère du Tourisme la Licence d'Exploitation au moins deux (2) mois avant l'ouverture de l'Établissement, suivant les prescrits de la loi.

Documents requis pour l'obtention de la licence

- Pièces ou acte prouvant que le propriétaire ou la personne responsable de la gestion possède la qualification technique professionnelle nécessaire à ce genre d'activité.

- Acte justifiant que l'établissement est immatriculé au département du commerce ou est autorisé à fonctionner en Haïti.

Tout rejet d'un projet doit faire l'objet d'une réponse motivée.



1.    IDENTIFICATION

1.1.    NOM & PRENOM

1.2.    TITRE

1.3.    NOM DE LA SOCIETE  (Raison sociale)

1.4.    ADRESSE (complète)

1.5.   TELEPHONE / FAX

2.    POSITION DU DEMANDEUR

2.1.    Promoteur

2.2.    Investisseur

2.3.    Constructeur

2.4.    Opérateur de voyages

3.    RENSEIGNEMENT SUR LE PROJET

3.1.    Nature du projet

3.1.1.    Hôtel

3.1.2.    Condominium (multipropriété)

3.1.3.    Time-sharing

3.1.4.    Apart-hôtel

3.1.5.    Golf

3.1.6.    Autre

3.2.  Site préférentiel

3.2.1.    Raison du choix

3.3.  Montant de l'investissement envisagé

3.3.1.    Principe de montage financier

3.3.2.    Éventuel partenariat financier

3.4.  Clientèle ciblée

3.4.1.    Origine géographique

3.4.2.    Classe de la clientèle

3.4.3.    Type du produit

4.    Réalisations touristiques antérieures dans d'autres pays.

5.    Séjours antérieurs en Haïti.